Après une journée de travail un peu plus fatigante, une de ces journées consacrées à mon travail alimentaire.
Alors que ces temps, les enjeux sont un peu plus importants que d’habitude, que je dois me concentrer pour arriver à mener à bien un projet.
Je me repose en reprenant la lecture d’un des textes que j’aime lire et relire : il s’agit des entretiens entre Francis Bacon et Michel Archimbaud* et tombe sur ces paroles de Bacon que je ne résiste pas à mettre ici dans ce journal tant elles résonnent fort et juste en moi…
“…je suis toujours très surpris lorsqu’on parle de la violence de mes toiles. Moi, je ne les trouve pas du tout violentes. Je ne sais pas pourquoi les gens pensent qu’elles le sont. Je ne cherche jamais la violence. Il y a un certain réalisme dans mes toiles qui peut peut-être donner cette impression, mais la vie est tellement plus violente, tellement plus violente que ce que je peux faire!
On est tout le temps assailli par la violence, et aujourd’hui, avec ces millions d’images qui viennent de partout, la violence est partout et permanente. Vraiment je ne parviens pas à penser que mes toiles sont violentes. Mais c’est peut-être qu’au fond c’est le mot lui-même de violence que je ne comprends pas bien. Dans un certains sens les Picasso que j’aime sont violents par les couleurs et les formes qu’ils emploient, et c’est parce que ces tableaux-là sont tellement remarquablement faits qu’on peut dire qu’ils sont violents. Ils sont violents par l’incroyable charge émotionnelle qu’ils produisent, et c’est une violence magnifique.”
(texte recueilli en avril 1992, quelques jours avant la mort de Francis Bacon, le 28 avril 1992)
*édités en poche chez folio essais sous le titre: Francis Bacon Entretiens avec Michel Archimbaud
D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours entendu chanter cette chanson: une amie de la famille, Carmen, oh bien sur pas aussi bien que Mercedes Sosa, Carmen avait une petite voix aigrelette, haut perchée, mais c'est cette voix-là qui compte pour moi...
Elle s'est éteinte, très vieille, il y a quelques semaines maintenant et ce matin, pourquoi donc? je pense à elle encore un peu plus que d'habitude...Merci Carmen.
Encore une histoire de martinets…en clin d’oeil aussi à certains amis commentateurs
j’aime ces oiseaux, non seulement parce qu’ils arrivent avec les beaux jours et aussi parce que je les trouve beaux, ces petits arcs noirs et vifs qui tracent à grande vitesse toutes sortes de figures dans le ciel; quand j’étais enfant on m’a raconté qu’ils ne se posent jamais et que pour dormir ils prennent de l’altitude une fois la nuit venue et qu’ils planent, là haut, pour dormir.
Les martinets ont nourrit le monde imaginaire de mon enfance quand couché tôt, comme l’exigeait la discipline familiale, ils étaient mes compagnons bienveillants alors que je ne voulais pas dormir et aurais préférer être dehors pour profiter des longues soirées d’été; je les entendais siffler (ou crier?) en tournant à toute allure autour de la maison, je rêvais de partir avec eux, très haut dans le ciel…
Le printemps est là (si,si) : hier j'ai entendu les premiers martinets autour de mon immeuble; et j'ai aussi été gratifié d'un charmant sourire au feu rouge...alors
En ouverture, Yaron Herman , pianiste prodige,alchimiste capable de transformer le plomb du “toxic” de B. Spears en or.
Quelques jours plus tard la classe totale, le maître Ahmad Jamal, subtil, drôle et bourré d’énergie à presque 80 ans.
Et puis, hier soir un vrai enchantement dans un cadre intimiste en accoustique, aucune sono, le superbe et enthousiasment duo Julien Lourau au saxe et au piano Bojan Z
Que du plaisir, de magnifiques moments dans ce festival à taille humaine, de quoi faire totalement oublier la sinistre météo de ces derniers jours…
Bonnes visites des liens si le coeur mais aussi et surtout les oreilles et les yeux vous en disent
C’est un moment particulier, la journée terminée, il est tard, la maison dort, les voitures dans la rue se font de plus en plus rares, le silence s’installe.
Il y a plusieurs genres de silences; les silences d’une maison vide, ceux d’une maison pleine, des silences remplis de bonheur, d’autres pesants de malheur.
Il y a les silences habités, par des bribes de musique d’un voisin, par le doux martellement de la pluie sur le toit, par le roulement des vagues sur la grève; il y a le silence presque parfait d’une nuit de neige.
Il y a des silences qui sont menaçants et des silences qui sont réconfortants comme le silence qu’il y a quand on attend quelqu’un, un téléphone, un message, quand on aime la personne, qu’on a confiance; à l’opposé il y a le silence angoissant de l’attente que l’on devine devoir durer, peut-être ne plus finir, un silence qui ne sera pas rompu, ce silence là est menaçant.
Ces silences qu’ils soient heureux ou malheureux, sont propices à la réflexion, dégagent l’esprit, rendent attentifs, j’aime ces moments de méditation, ces précieux moments d’éveil.
"Jung believed there was a large pattern to life, that it wasn't just chaos. Our song Synchronicity II is about two parallel events that aren't connected logically or causally, but symbolically."
Sting... 1983 Time Interview.